Zola est l’auteur qui a conçu le cycle de vingt romans les Rougon-Macquart où il retrace la vie sociale d’une famille sous le Second Empire. Dans Germinal, Zola dénonce les injustices et les conditions de vie difficiles des mineurs. Dans cet extrait de du roman, les mineurs sont en grève et viennent exposer leur colère à M. Hennebeau, le directeur de la mine. Tout d’abord nous verrons l’affrontement des deux personnages puis l’énonciation et enfin le côté politique de cet extrait et l’engagement de l’auteur.

L’affrontement des deux personnages, ici Hennebeau et Maheu .C’est l’affrontement des deux mondes : les pauvres et les riches. On le remarque avec le champ lexical de la richesse pour Hennebeau et dans le champ lexical du travail pour Maheu : « misère à tous ,le travail dur, la vie des brutes, les berlines, les boisages, les paies ». Et pour Hennebeau le champ lexical de la richesse : « la pièce luxueuse avait disparu, avec ses ors et ses broderies, son entassement mystérieux d’antiquailles ». Ici le choc des deux mondes est accentué .Les figures de style telles que « des choses amassés au fond de sa poitrine » ou « un gonflement de son cœur » , « mangées par les amendes » ou encore « nous sommes donc venu vous dire que crever pour crever, nous préférons crever a ne rien faire » (langage familier et figure de répétition du mot « crever ») nous montrent bien la dureté de la vie des mineur qui souffrent en silence.

Ensuite l’énonciation (le point de vue) dans cet extrait accentue le face-à-face des deux mondes. Maheu parle au nom de tous ( « nous »qui représente tous les ouvriers) et il s’adresse à Hennebeau par le pronom « vous » qui représente les actionnaires, les riches . Hennebeau, lui, parle par le pronom « je »pour souligner son égoïsme . Il interpelle Etienne par le pronom « on »(dans le dernier paragraphe). Dans l’extrait il y a deux points de vue : le point de vue interne et omniscient pour nous démontrer l’engagement de l’auteur.

Enfin l’engagement de l’auteur et le côté politique de cet extrait est souligné dans la phrase « pour la justice et pour le travail », »cette fameuse internationale »,ou les figures de styles telles que « cette armée de brigands dont le rêve est la destruction de la société »ou »une peste maintenant qui souffle sur les ouvriers et qui corrompt les meilleurs » qui démontre la lutte sociale et nous rappelle le discours communiste. Le discours indirect libre permet à l’auteur de s’exprimer ; l’intérêt d’utiliser les familiarités, c’est de faire parler le personnage à travers l’auteur .On remarque bien qu' Hennebeau est contre toutes ces idées puisqu’il dit « excitations détestables », il n’approuve pas leur grève puisqu’il les insulte  ("brigands") et leur reproche « la destruction de la société »alors que les mineurs ne demandent que de la justice .Hennebeau est gêné par cette révolte soudaine et il l’exprime par la phrase "je vois bien qu’on vous a changés vous si tranquille autrefois ".Le directeur préférait quand ils acceptaient leur situation en silence.

En se servant des figures de styles et des champs lexicaux , Zola nous démontre par cette scène le choc de deux mondes, la manière dont les mineurs sont traités et les manipulations du directeur. Ce type de texte décrit les injustices de la société tout comme l’a fait Balzac en son temps dans ses romans.

Hanane K.