Dans la scène 3 de l'acte III, l'intensité des sentiments et des émotions ressenties par Ruy Blas et la Reine s'exprime par différents procédés.
Il y a des procédés d'écriture d'insistance comme les répétitions de"parce que..." ou d'éxagération avec "de loin, d'en bas, du fond de l'ombre", "si vous me disiez: meurs! je mourrais."
Dans cette scène, il y a aussi un crescendo : "Je vous aime" qui est une formule courante et qui devient par gradation "Vous m'emplissez le coeur."
Les appellations de la Reine et de Ruy Blas ne sont pas les mêmes, Ruy Blas vouvoie la Reine alors qu'elle le tutoie, et Ruy Blas met la Reine sur un piedestal de (v.236) "Hélas! je pense à vous comme l'aveugle au jour." à "Et vous m'éblouissez comme un ange qu'on voit!"
Il y a beaucoup de phrases exclamatives "Eh bien, écoute donc!" et d'interjections comme "Oh, Hélas...".
Ruy Blas est donc un héros romantique prêt à tout par amour, c'est une scène d'aveu très forte, comme Roméo et Juliette de Shakespeare.
Les personnages développent le thème de l'amour impossible. Il y a d'abord les obstacles comme le thème de l'amour caché entre Ruy Blas et la Reine et les différences de condition sociale, c'est un isolement de Ruy Blas : "moi qu'ils haïssent tous."
Il y a aussi la paralysie, le blocage des personnages quand Ruy Blas dit "que faut-il que je fasse?", dans cette question il  y a l'incertitude du personnage et un vocabulaire qui exprime la souffrance et la peur de Ruy Blas et de la Reine.
C'est l'acte de la crise pour les personnages ("le noeud"), c'est un amour impossible donc il y a une préparation du dénouement, et donc, la seule solution est la mort (comme les couples mythiques: Tristan et Yseut ou Roméo et Juliette...)

Floriane Jankowski